La tragique mort du jeune Nkanu Nnamdi, fils de l’écrivaine nigériane Chimamanda Ngozi Adichie, survenue ce 06 janvier 2026 a ébranlé le monde entier. À seulement 21 mois, ce petit garçon est décédé après une courte hospitalisation dans un établissement de Lagos, suscitant une émotion profonde et relançant un débat majeur : quelles sont les défaillances du système de santé en Afrique, et comment celles-ci mettent en péril la vie des plus vulnérables ?
Selon plusieurs médias internationaux, le bébé Nkanu a été admis le 6 janvier 2026 à l’hôpital Euracare de Lagos, pour des examens médicaux préparatoires, notamment un IRM cérébral et d’autres procédures diagnostiques avant un transfert prévu aux États-Unis pour un suivi spécialisé. Moins de 24 heures après son admission, il est mort des suites de complications, dans des circonstances que sa famille juge profondément irrégulières.
La célèbre autrice a accédé à des messages privés qu’elle avait écrits peu après l’événement, où elle évoque son « pire cauchemar » : une « prise en charge qui aurait été marquée par des erreurs graves », notamment l’administration d’une dose excessive de sédatif et un manque d’oxygène, ce qui aurait provoqué un arrêt cardiaque fatal.
Dans les jours qui ont suivi, les proches de Chimamanda Ngozi Adichie ont adressé une notification légale à l’hôpital Euracare, l’accusant de manquements au devoir de soin, et demandant communication des dossiers médicaux, des enregistrements vidéo et des détails des procédures appliquées.
Le gouverneur de l’État de Lagos, Babajide Sanwo-Olu, a annoncé une enquête officielle pour faire la lumière sur les circonstances du décès et renforcer la responsabilité des établissements de santé, soulignant que la vie humaine doit être protégée par des standards de soins élevés.
Ce drame individuel met en lumière des défaillances du système de santé en Afrique qui vont bien au-delà d’un cas isolé. Dans plusieurs pays du continent, des vies d’enfants et de mères ont été perdues à cause de lacunes structurelles, de négligences ou d’absence de prise en charge adéquate.
Au Cameroun, un cas particulièrement tragique a profondément marqué l’opinion publique : la mort de Monique Alvine Koumaté, une femme de 31 ans enceinte de jumeaux, allongée sur le parvis de l’hôpital Laquintinie de Douala parce qu’elle n’aurait pas été prise en charge à temps. Sa sœur, désespérée, a tenté d’extraire les jumeaux elle-même, avec une lame, dans l’espoir de les sauver — mais aucun des trois n’a survécu. La scène a suscité une onde de choc nationale et des protestations exigeant des réponses et responsabilisation du système de santé.
De manière plus récente, toujours au Cameroun, une femme enceinte est décédée à l’Hôpital régional de Bamenda, selon des témoins qui accusent le personnel médical d’absence de prise en charge adéquate, malgré des signes évidents de danger pour sa vie et celle de son enfant.
Ces drames rappellent que le risque n’est pas seulement une question individuelle, mais souvent le résultat de ruptures dans les chaînes de soins, de pénuries de personnel formé ou de pratiques institutionnelles inadéquates — des éléments trop fréquents dans les systèmes de santé africains. Dans d’autres pays, comme en Sierra Leone, des enquêtes révèlent des cas où des femmes ont été laissées sans soins essentiels parce qu’elles ne pouvaient pas payer, entraînant la mort de nouveau-nés ou des complications graves.
Lorsque des femmes enceintes et leurs bébés ne reçoivent pas les soins urgents dont ils ont besoin, ce n’est pas seulement une tragédie personnelle — c’est un témoignage des failles structurelles qui continuent de coûter des vies. Dans un contexte où chaque minute compte, l’absence d’équipements, de personnel ou de protocoles efficaces devient littéralement une question de vie ou de mort.
La mort du bébé Nkanu, si profondément humaine et dévastatrice, sonne comme un appel urgent à la réforme. Les défaillances du système de santé en Afrique ne sont pas seulement des statistiques froides : elles prennent forme dans des pertes comme celle d’un enfant, et soulignent l’urgence d’investir dans des systèmes de santé plus sûrs, transparents et responsables.
Pour toute société qui se dit protectrice de l’enfance, il est essentiel de questionner, comprendre et agir pour que des tragédies de ce genre ne se répètent plus. Cela nécessite un engagement des autorités publiques, des professionnels de santé, mais aussi de la société civile et du grand public.
Regarde ci-dessous un reportage qui explore comment ce drame met en lumière les enjeux du système de santé au Nigéria et en Afrique.